Agression "à caractère terroriste" de militaires près du Louvre

Paris  - Le spectre d'une attaque "terroriste" a ressurgi en plein Paris: un homme a attaqué vendredi à la machette des militaires à l'entrée de la très touristique galerie du Carrousel du Louvre au cri d'"Allah Akbar", avant d'être grièvement blessé par le tir d'un des soldats.

L'identité et les motivations de l'auteur restent à déterminer mais s'il "faut être prudent", il s'agit "visiblement" d'une "attaque à caractère terroriste", a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve, en déplacement à Bayeux (Calvados).

Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête de flagrance pour "tentatives d'assassinats aggravées en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle".

"Face à l'agression sauvage qui s'est produite", François Hollande a "salué le courage et la détermination dont ont fait preuve les militaires pour neutraliser l'assaillant" et réaffirmé "la détermination de l?État à agir sans relâche pour défendre la sécurité de nos compatriotes et lutter contre le terrorisme".

Six mois après l'assassinat d'un prêtre le 26 juillet dans une église de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), la dernière attaque à caractère terroriste commise sur le sol français et revendiquée par l'organisation État islamique (EI), c'est le coeur touristique de la capitale qui a été frappé vendredi.

Vers 10H00, dans un escalier qui descend dans la galerie marchande du Carrousel du Louvre qui donne accès au musée le plus fréquenté du monde mais situé en amont des contrôles de sécurité, un homme "armé d'une machette au moins, peut-être d'une deuxième arme" s'est avancé vers quatre militaires de la force Sentinelle en proférant des "menaces" et en criant "Allah Akbar", a déclaré à la presse le préfet de police de Paris Michel Cadot.

"Le militaire le plus proche, semble-t-il, a tiré pour se défendre face à l'agression", tirant cinq balles, "blessant sérieusement l'assaillant", notamment au ventre, selon le préfet de police. A la mi-journée, il était au bloc opératoire, son pronostic vital engagé, selon une source proche de l'enquête.

Un militaire, légèrement blessé au cuir chevelu, a, lui, été pris en charge à l'hôpital militaire Percy à Clamart, où il a reçu vers 15H00 la visite des ministres de l'Intérieur et de la Défense. Les soldats attaqués, membres du 1er Régiment de chasseurs parachutistes (1er RCP) de Pamiers, font partie des 3.500 militaires de Sentinelle déployés à Paris.

- Touristes confinés -

"J'étais dans les escaliers quand j'ai entendu des coups de feu (...) C'était bizarre, personne ne savait quoi faire, j'ai vu des gens courir, tout le monde était paniqué", raconte Svetlana, une architecte travaillant dans la galerie, qui s'est cachée dans un vestiaire après avoir entendu les tirs.

Plus d'un millier de personnes se trouvant dans le musée ou dans la galerie commerciale ont été confinées durant environ trois heures, le temps que tout danger soit écarté et que les démineurs s'assurent notamment que les deux sacs à dos de l'assaillant ne contiennent pas d'explosifs.

"Ils nous ont fouillés à la sortie mais c'était très calme. Ils nous ont d'abord parlé d'un incident et d'une alerte, puis après on nous a expliqué", indique un employé du Louvre sous couvert d'anonymat.

"C'est si triste et choquant (...) on ne peut pas les laisser gagner, c'est terrible, horrible", se désole Gillian Simms, une touriste anglaise en visite chez sa fille à Paris.

Depuis les attaques du 7 janvier 2015, les attentats et tentatives se sont multipliées, faisant 238 morts. Les assaillants, pour la plupart téléguidés par le groupe État islamique (EI), ont multiplié les cibles, des lieux de culte (Villejuif en avril 2015, Saint-Étienne-du-Rouvray en juillet 2016) aux attaques contre les policiers ou militaires.

Le 13 juin 2016, un jihadiste se réclamant de l'EI, Larossi Abballa, a ainsi tué un policier et sa compagne dans leur pavillon de Magnanville (Yvelines).

L'attaque du Louvre intervient deux ans jour pour jour après l'attaque au couteau de trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice, par un homme qui avait été aussitôt arrêté.

 

Pauline TALAGRAND et Katell PRIGENT, avec Mehdi BOUDARENE
AFP

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