Après l’émission «Cash Investigation», l’Église catholique de France exprime sa «honte»

REACTIONS - Le programme diffusé mardi 21 mars a immédiatement fait réagir…

Après la diffusion, mardi 21 mars, de l’émission Cash Investigation sur le silence de l’Eglise face aux affaires de pédophilies de ses prêtres, l’Eglise catholique de France a réagi ce mercredi en disant sa « honte » mais aussi sa « détermination » à lutter contre ce « fléau ». « J’éprouve un sentiment profond à la fois de honte, d’humilité et de détermination parce que je suis bien conscient que nous avons commis des erreurs, qu’il y a eu des silences coupables, qu’on a plus voulu défendre l’institution que faire la légitime place aux souffrances des victimes, qu’on a plus voulu défendre l’institution que faire la légitime place aux souffrances des victimes », a souligné ce mercredi le porte-parole de la

Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Olivier Ribadeau Dumas.

Par ailleurs, le journaliste de l’émission Cash Investigation, Martin Boudot, a reçu un message d’un prêtre qualifiant le reportage de « remarquable ». Le religieux a remercié l’équipe expliquant que l’Eglise aurait dû faire ce boulot : « Ce travail aurait dû être fait par nous, mais puisque nous sommes incapables de le faire, il nous faut vous remercier de l’avoir fait ».

Merci à tous pour vos messages sur notre #cashinvestigation d'hier soir. De nombreux retours de prêtres, comme celui-ci. Touchant. pic.twitter.com/JTboWVqOyM— Martin Boudot (@MartinBoudot) March 22, 2017

Une institution à l'image trouble

L’équipe de Cash Investigation et des journalistes associés au site d’information Mediapart, à travers leurs articles et un livre publié ce mercredi, ont dénoncé le « silence » de l’Eglise et accusé 25 évêques - dont 5 sont en poste, les autres étant à la retraite ou décédés - d’avoir « couvert » 32 « agresseurs », ayant fait 339 victimes. Des affaires qui remontent jusqu’aux années 60, mais dont la moitié des faits « ont été établis après 2000 », selon ces médias.

Ces chiffres constituent « une agrégation de faits qui prend une dimension vertigineuse », reconnaît Mgr Olivier Ribadeau Dumas, tout en estimant que « Cash Investigation et Mediapart n’ont pas révélé de faits nouveaux » lors d’une émission jugée « uniquement à charge ». La compilation de ces données écorne encore un peu plus l’image d’une institution qui se débat depuis des mois face aux accusations de déni ou de légèreté dans le traitement des affaires de pédophilie.Celle du Père Bernard Preynat, soupçonné d’abus sexuels sur plus de 70 scouts lyonnais, a durablement atteint l’image du cardinal Philippe Barbarin, le puissant archevêque de Lyon.

20 minutes
Le 22 mars 2017


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