De la Guinée à Bordeaux : trois ans passés sur les routes de l’exil

Arrivé il y a quelques mois, Koumbaya Karo attend d’être régularisé. STÉPHANE LARTIGUE

 

Pourchassé, Koumbaya Karo a dû fuir la Guinée en 2013. Après trois ans entre captivité et déplacements, il attend désormais un possible asile en France

A 28 ans, Koumbaya Karo (1) aurait dû se perdre en lui-même, devenir fou ou mourir sur la longue route vers l’Europe. Mais il vit. Il dort ici ou là, a parfois froid ou faim, n’a plus rien ou presque. Mais il vit. Et sourit, même, perché en haut de sa chaise dans un café de Saint-Michel. Il a eu de la chance, répète-t-il, « une sacrée chance même ». Celle d’avoir « un bon maître ». L’air tiède soudain se glace. Regard sombre, mains serrées, français érudit et voix grave, il raconte.Le piège libyen2013, à Debdeb. Au cœur du désert algérien, le village de 4 000 âmes ouvre le chemin vers la Libye. Une simple étape, déjà une victoire. Pour s’y rendre, Koumbaya a traversé l’Afrique. 4 000 bornes, serré au fond d’un bus ou entassé à l’arrière d’un pick-up.À quelques encablures, 10 kilomètres à peine, la frontière. Derrière, la Libye puis la mer Méditerranée. La porte vers…

 

 Par Clément Pouré

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Le 28 février 2017

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