Hommage à ma mère Hadja Jeanne Martin Cissé

Il y a déjà un mois que Mémé a rejoint à jamais sa dernière demeure!  Les larmes ont tari, l’émotion demeure toujours vive, la plume devient lourde, et le Cœur se brise face à l’énormité de ma perte, notre perte.  Mémé, Tantie Jeanne, la mère de tous n’est plus!  Il est quasi-impossible d’amoindrir la douloureuse peine qui étreint l’âme d’une personne qui perd sa mère.  Les observateurs ont beau dire qu’elle a pleinement mené sa vie, cette déclaration lapidaire n’assoupit, pas moins, la tristesse qui m’ensevelit. On pense toujours qu’une mère est immortelle.  En effet, elle demeure et demeurera toujours immortelle dans mon esprit.  Dieu merci pour ses quasi 91 ans!
Le Cœur serré,  Je sollicite l’indulgence et le pardon de Mémé en écrivant ces petites lignes; femme modeste qu’elle fut, elle eût été gênée que les projecteurs se fussent tournés vers elle.  L’histoire oblige!
Je ne pourrais certainement pas énumérer ici les noms de toutes les personnes à remercier ; je m’en excuse. Qu’il me soit permis donc de remercier très sincèrement : les membres de l’Ambassade de Guinée aux Etats Unis, les nombreux amis et amies de la famille résidant dans la zone métropolitaine de Washington DC, les proches de la famille, les nombreux dignitaires, toutes les personnes présentes lors du symposium au Palais du Peuple, et tous ceux qui de près ou de loin ont apporté leur soutien moral ou matériel à la famille. Un remerciement spécial va au Président de la République de Guinée.
Le Lègue.  Ses petits-enfants lui donnèrent le sobriquet de « Mémé », et les adultes adoptèrent ce petit nom sans rechigner.  Apprendre la mort d’une mère est une chose, mais la voir couchée à la morgue sur une dalle anodine, à côté d’autres corps,  est une scène que l’esprit arrive difficilement à accepter.   Pis,  voir une mère rejoindre sa dernière demeure à coups de pelles de terre latéritique frappant un tout petit cercueil placé au fond de la tombe demeure indescriptible et insupportable.  Mémé, Tantie Jeanne, n’est plus ! Réalité irréfragable que mon cerveau mettra du temps à admettre. 
Mémé, ou Tantie Jeanne comme on l’appelait couramment était la maman de tous.  Pour nous ses enfants, elle a joué le rôle du père et de la mère.  Elle nous s’enseigna, la modestie, le respect de l’homme, et la nécessité d’exprimer sa pensée dans le respect et la dignité.  Je prie Dieu que je puisse accomplir, au moins, un dixième de ce qu’elle a incarné et accompli.  Mémé était la rassembleuse idéale.  Elle abrita dans sa modeste maison des enfants venus de tous les horizons : neveux, nièces, parents lointains, fils et filles d’associés, etc.  Mémé ne faisait pas de différence entre ses enfants et les enfants d’autrui.  Une fois sous son toit, tous les enfants étaient traités de la même manière.   Elle s’est battue pour l’émancipation de la femme africaine en général, et l’émancipation des hommes en particulier.  Les multiples témoignages que nous avons écoutés avec fierté en dissent long sur le caractère magnanime de Mémé.  Ma tristesse, je dirais même plus, notre tristesse s’amoindrit quand j’entends des citoyens de tous bords s’appesantir sur les bienfaits que Mémé leur accordèrent.  Merci à Mémé de nous avoir offert la feuille de route qui a permis à tous ses fils et toutes ses filles d’avoir poursuivi à terme des études universitaires.  Certes, il sera quasi impossible d’émuler fidèlement son exemplarité, mais je prie Dieu pour qu’il nous aide à combler l’abysse profond qu’elle nous a laissé en nous quittant.  Quand je la retrouverai, j’ose penser que je  pourrai lui dire fièrement que nous avons suivi à la limite de nos capacités,  les conseils combien importants qu’elle nous a prodigués.  
Dors en paix Mémé! Que Dieu pardonne tes pêchés. Que ceux à qui tu as fait tort par inadvertance te pardonnent. Nous prions pour que Dieu t’accepte dans son paradis éternel. Ainsi soit-il!
Ani Touré (troisième fils de Mémé)
Washington DC 2017
Le 23 mars

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