La société turque İltekno s'est imposée au fil des ans dans le secteur de l'énergie qui constitue le problème essentiel à résoudre, selon le directeur des opérations de la firme.

Lorsqu’il est arrivé en 2014, en pleine période de l’épidémie Ebola, Naim Işık, directeur des opérations Afrique au sein de la société turque İltekno, ne se doutait pas qu’il y avait tant à découvrir en Guinée.

L'entreprise Iltekno, qui opère dans le secteur de l’énergie, « était venue pour une opération de maintenance de centrales électriques» mais a finalement décidé d'investir davantage dans le pays.

Une décision qu'Isik ne regrette pas aujourd’hui, même si les débuts furent difficiles.

« Beaucoup de personnes nous déconseillaient de venir en Guinée en raison de l’épidémie d’Ebola qui sévissait, mais nous avons décidé de rester lorsque nous avons découvert le désespoir de la population guinéenne », raconte Isik.

« Je me souviens qu'en arrivant le premier jour, nous n’avons aperçu aucune lumière en nous rendant de l’aéroport à l’hôtel, les routes étaient plongées dans l’obscurité et il n’y avait pas un seul lampadaire de rue. Même le centre-ville ne disposait pas d’électricité. Cela nous avait surpris » relate-t-il, soulignant que même les centrales disponibles n’étaient plus en état de fonctionner, faute de maintenance.

Poursuivant, Işık confie « les sociétés européennes avaient réclamé, pour la maintenance des centrales, un budget de 6 à 7 millions de dollars assorti d’un délai d’un an, tandis que nous avons pu assurer l’ensemble de la maintenance en un mois pour un budget d’environ 400 mille dollars ».

« Aujourd’hui, nous assurons aussi l’exploitation de deux centrales électriques situées à Conakry et appartenant à l’Etat, ainsi que leur maintenance » dit-il avant d’ajouter que « dès le début de l’exploitation des centrales, la Guinée a fait l’objet d’un intérêt soudain de la part des firmes étrangères et de la Banque Mondiale ».

« L’énergie constitue le problème essentiel à résoudre en Guinée », commente le directeur des opérations.

- « Après la venue de notre Président de la République, nous avons décidé de construire ».

Işık reconnait que lorsque l’entreprise débuta les investissements en 2015, dans une zone aussi difficile que la Guinée, ils ont « dû faire face à de nombreux problèmes ». 
« L’Etat guinéen nous a accordé son soutien mais certaines structures internationales ont tenté de ralentir le projet. Sincèrement, durant une période nous en étions devenus pessimistes », avoue Işık.

Cependant, depuis la visite officielle du Président Recep Tayyip Erdoğan, en 2016, les choses ont pris une autre tournure:

« Avant la visite de notre Président de la République en Guinée, nous nous sentions isolés. Même si nos relations avec l’Etat guinéen étaient bonnes elles restaient insuffisantes. Mais cette visite a changé tant de choses en une année. Turkish Airlines a mis en place des vols directs, la Fondation Maarif et l’Agence Turque de Coopération et de Développement sont arrivées », énumère-t-il.

« Nous nous sommes dit que finalement nous n’étions pas seuls et cela a été pour nous une incroyable source de motivation. Depuis, nous avons commencé à redoubler d’efforts. Tandis que nous nous disions « nous resterons un certain temps et rentrerons », nous nous apprêtons aujourd’hui à entamer les travaux de construction du local où siègera notre société. Tout cela s’est produit après la visite d’Erdoğan », ajoute-t-il.

Soulignant que pratiquement chaque semaine des délégations d’hommes d’affaires arrivent de Turquie en Guinée, Işık indique que les investisseurs turcs bénéficient dans la région d’une position avantageuse.

Işık qui constate que la perception selon laquelle « les Turcs travaillent vite et bien » semble avoir gagné du terrain sur le marché, porte l’attention sur les besoins du pays en investissements essentiels tels que les matériaux de construction, des usines de peinture ou des systèmes d’exploitation piscicole.

Suggérant aux hommes d’affaires turcs de privilégier des investissements à long terme plutôt que des projets à court terme, Işık insiste sur le fait que les premiers arrivés seront gagnants surtout que les concurrents sont absents sur le secteur.

« Les Guinéens n’ont jamais oublié que nous sommes venus et restés durant cette période difficile » déclare Işık qui note que la Turquie bénéficie dans la région d’une place particulière.

La firme emploie aujourd’hui 60 Turcs et 45 Guinéens. Les recettes annuelles d’İltekno qui a investi un total de 40 millions d’euros, s’élèvent à environ 10 millions d’euros. Ce chiffre augmente chaque année de 4 à 5 %.

İltekno qui a commencé l’exploitation de la centrale en 2015 va continuer pendant 6 ans et au terme de cette période prendra la décision de poursuivre ou non, dit-il.

La société qui avait déjà investi en Irak auparavant se lance, après la Guinée, dans un nouveau projet au Sénégal. 

AA/Conakry/Fatma Esma Arslan
Le 11 juin 2017

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