La maladie qui frappe plus de 300 millions de personnes dans le monde

L'OMS est en campagne pour alerter sur les risques liés à la dépression. Cette maladie est la première cause de morbidité et d'incapacité dans le monde. 

La Journée mondiale de la santé aura lieu le 7 avril prochain. Elle marquera le « point culminant » de la campagne « Dépression : parlons-en », pilotée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). L'institution a fait de cette maladie mentale son ennemie numéro 1 cette année. Et pour cause, « selon les dernières estimations, plus de 300 millions de personnes dans le monde vivent désormais avec ce problème », révèle l'OMS jeudi 30 mars. En l'espace de 10 ans, de 2005 à 2015, le nombre de personnes touchées a augmenté de 18 %...

Pour l'OMS, il s'agit de la première cause de morbidité et d'incapacité dans le monde, car « le manque de soutien aux personnes ayant des troubles mentaux, associé à la peur de la stigmatisation, empêche beaucoup d'entre elles d'accéder aux traitements dont elles ont besoin pour mener des vies productives ». Et la France n'est pas en reste, notamment parmi les jeunes. Selon un sondage TNS-Sofres, effectué en 2013, 28 % des moins de 25 ans et 31 % des 25-34 ans sont affectés. Pour la directrice générale de l'OMS, Margaret Chan, ces chiffres « tirent la sonnette d'alarme » et invitent à accorder à cette maladie « l'urgence nécessaire ».

Manque d'investissements

Outre les informations sur le nombre d'individus touchés, l'OMS relève que près de « 50 % des personnes ayant une dépression ne sont pas traitées », souvent car les préjugés et la discrimination liés à cette pathologie empêchent les malades d'en parler. Et sans traitement, les risques suicidaires augmentent.

Le communiqué soulève enfin une donnée majeure, « seuls 3 % des budgets publics pour la santé sont investis dans la santé mentale dans le monde ». Il serait donc grand temps, selon l'OMS,  d'augmenter les investissements, d'autant plus que la perte de productivité des individus atteints entraînerait un manque à gagner de 1 000 milliards de dollars pour les États. Mettre fin à la dépression... pour mettre fin à la dette ?

Lepoint.fr
Le 1er avril 2017

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