Présidentielle 2017 : ce qu’il faut retenir du débat entre les 11 candidats

À 19 jours du premier tour de l’élection présidentielle et après un premier débat entre les cinq “grands” candidats, la totalité des onze prétendants à la présidence s’affrontaient mardi soir. Et les “petits” n’ont pas épargné les favoris, notamment sur les affaires.

C’était une grande première. La totalité des onze candidats était présent pour une joute télévisée axée sur les thèmes cruciaux de l’emploi, la sécurité et le social. Quinze jours après un premier débat entre les cinq “grands” (Marine Le Pen, Emmanuel Macron, François Fillon, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon), c’était au tour des six “petits” postulants d’entrée en jeu (Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Philippe Poutou (NPA), Nathalie Arthaud (LO), François Asselineau (UPR), Jean Lassalle et Jacques Cheminade). Disposés en arc de cercle, les candidats n’avaient que 17 minutes de temps de parole. 

Divergences sur l’Europe

Les échanges se sont rapidement animés autour du thème de l’Europe, où les lignes de fracture entre les candidats se sont nettement dessinées entre les tenants du renforcement de la construction européenne (Macron), ceux plaidant pour la renégociation des traités (Mélenchon, Hamon) et ceux demandant un “Frexit” et/ou la sortie immédiate de l’euro (Le Pen, Asselineau…).

Sur ce thème, Marine Le Pen a ainsi raillé les “veilles badernes” d’Emmanuel Macron et la question de la suppression ou non de la directive européenne sur les travailleurs détachés a donné lieu à une passe d’armes entre Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Nicolas Dupont-Aignan qui a lancé le sujet.

“C’est inacceptable que des personnes qui viennent de Roumanie, de Pologne, d’Espagne et ne payent pas les charges sociales, quand nos artisans, nos indépendants les payent”, s’est indigné le candidat de Debout La France.

“On oublie de dire à chaque fois qu’il y a près de 300.000 Français qui sont travailleurs détachés. Donc vous irez leur expliquer les uns et les autres que dès demain c’est fini pour eux”, a répliqué Emmanuel Macron, face à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

La sortie de l’euro dans le viseur

Emmanuel Macron et François Fillon ont attaqué séparément la sortie de l’euro souhaitée par Marine Le Pen. “Ce que vous proposez Mme Le Pen, c’est en effet de la baisse de pouvoir d’achat pour les Français, parce qu’avec la sortie de l’euro pour les épargnants, les travailleurs, ce sera une baisse de pouvoir d’achat. Ce que vous proposez, c’est la guerre économique” a affirmé l’ancien ministre de l’Economie. 

François Fillon à son tour a rappelé que Marine Le Pen souhaitait interroger les Français par référendum.” Comme on sait tous qu’il y a une immense majorité de Français qui ne veut pas de la sortie de cette monnaie européenne, ça veut dire qu’en réalité, il n’y a pas de politique économique de Mme Le Pen, car cette politique économique s’effondrera à la minute où les Français se seront prononcés sur cette sortie de la monnaie européenne”, a démontré le candidat LR.

Les “petits” font entendre leurs voix

Les six “petits” candidats à la présidentielle ont saisi mardi l’occasion du débat télévisé pour marquer leurs différences lors de leurs présentations, dénonçant “politiciens corrompus” et “système usé”, et exprimant leurs “colères” et “espoirs”. Premier à prendre la parole selon le tirage au sort, Nicolas Dupont-Aignan, privé malgré ses protestations du premier débat télévisé, a ouvert la voie, offensif : “en politique comme dans la vie, il y a ceux qui parlent et ceux qui agissent”, a-t-il souligné.

François Asselineau, le souverainiste se décrivant comme un “homme en colère”, a de son côté dressé le constat que “les dirigeants français n’ont plus les manettes”. Le candidat de l’UPR a aussi taclé Emmanuel Macron. “Vous êtes toujours d’accord avec tout le monde” s’est il offusqué, alors que l’ancien ministre de l’Economie montrait un point de convergence avec lui. 

 

M6info
Le 5 avril 2017

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