Libye: les pro-Kadhafi résistent à l'offensive rebelle

L'offensive des rebelles libyens lancée pour encercler Tripoli se heurte à la résistance des forces loyales au colonel Kadhafi alors que la France a reconnu faire passer des "messages" au régime libyen mais sans mener des négociations directes.

Les rebelles du sud-ouest ont mené une attaque lundi à environ 20 km de la ligne de front tandis que les pro-Kadhafi ont dès l'aube tiré de nombreuses roquettes, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Ce matin à 05H00 (03H00 GMT), les rebelles ont attaqué dans la montagne de Zarat près de Kekla", à 15 km au nord-ouest de la ligne de front située au niveau du hameau de Goualich, a affirmé Wael Brachen, commandant d'un petit groupe de rebelles.

"La bataille a duré quatre heures" mais n'a pas fait de victime, a précisé le responsable d'un centre ouvert pour les médias à Kekla, Reduan Alqadi.

Les rebelles visent Al-Assabaa, à 17 km du front, dernière ville avant Gharyane, verrou stratégique pour Tripoli.

Les tirs se sont poursuivis en milieu de journée. En une demi-heure, la journaliste de l'AFP a entendu une douzaine de tirs. Selon un médecin de Kekla, Hussein Al Hachmi, une trentaine de roquettes ont touché le village, dont des maisons désertées par les civils.

"Nous nous préparons pour Al-Assabaa, nous ne savons pas quand, mais il y aura une bataille" très bientôt, a déclaré le colonel Juma Brahim, chef du centre opérationnel militaire pour cette zone, interrogé à Zenten, principale ville de la région.

Dimanche, les autorités libyennes ont conduit des journalistes étrangers à Al-Assabaa, pour montrer la préparation et la détermination des habitants, qui ont juré que les "rats", appellation des rebelles, ne passeraient pas.

"Nous sommes prêts pour la bataille, la population a été armée, nous n'avons peur ni de l'Otan ni des soit-disant rebelles", a assuré le maire, Hammouda Mohktar Salem, tandis que les pro-Kadhafi paradaient, kalachnikov à l'épaule.

Après plusieurs semaines d'enlisement du conflit, les insurgés ont déclenché une offensive le 6 juillet à partir des montagnes au sud-ouest de Tripoli, s'emparant de Goualich. Ils sont parallèlement passés à l'attaque sur la côte, progressant vers le centre de Zliten, à 150 km à l'est de Tripoli.

Sur ce front, quatre rebelles ont été tués et 22 autres blessés dans la nuit de dimanche à lundi dans des combats dans des quartiers de Zliten à quelques kilomètres du centre-ville, selon un communiqué des insurgés reçu lundi par l'AFP.

Dans le même temps, la France a reconnu qu'elle faisait passer des "messages" au régime du colonel Kadhafi, sans pour autant mener des négociations directes, contrairement à ce qu'a affirmé Seif al-Islam, fils du dirigeant libyen, au journal algérien El Khabar.

"Nous menons en réalité les véritables négociations avec la France et non avec les rebelles" libyens, a affirmé Seif Al-Islam, porte-parole officieux du régime.

"Il n'y a pas de négociations directes entre la France et le régime de Kadhafi, mais nous lui passons des messages, en liaison avec le CNT (Conseil national de transition, instance politique de la rébellion) et nos alliés", a répondu le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero.

"Ces messages sont simples et sans ambiguïté: toute solution politique passe par le retrait de Kadhafi du pouvoir et son renoncement à tout rôle politique", a ajouté M. Valero.

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a pourtant laissé entendre que M. Kadhafi pourrait rester à Tripoli, après une cessation des hostilités et un début de dialogue.

"On s'arrête de bombarder dès que les Libyens parlent entre eux et que les militaires de tous bords rentrent dans leur caserne", a déclaré M. Longuet dimanche soir à la radio. Et si le colonel Kadhafi n'est pas parti ? "Il sera dans une autre pièce de son palais avec un autre titre", a répondu M. Longuet.

 

AFP


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