Le Niger expulse l'ambassadeur de France

Le régime militaire qui a pris le pouvoir à Niamey a donné 48 heures à l'ambassadeur de France au Niger pour quitter le pays. Les militaires justifient leur décision par des « agissements du gouvernement français contraires aux intérêts du Niger ».

Quarante-huit heures. C'est le délai accordé par la junte à Sylvain Itte, l'ambassadeur de France au Niger, pour quitter le pays.

 

Le régime qui a pris le pouvoir le 26 juillet à Niamey justifie cette décision par le « refus de l'ambassadeur de France à Niamey de répondre à l'invitation » du ministère ce vendredi. Dans un communiqué le ministère nigérien des Affaires étrangères avance aussi « d'autres agissements du gouvernement français contraires aux intérêts du Niger ».

Rapatriement des Français sur place

Si le geste est agressif il ne marque pas - pour le moment - une rupture totale des relations diplomatiques. Les Français encore présents au Niger bénéficient toujours d'une protection consulaire. Le climat devrait néanmoins encore se durcir sur place.

Début août, cinq vols organisés par des moyens militaires français ont permis d'évacuer la quasi-totalité des ressortissants sur place. Le rapatriement de 1.079 personnes, dont 577 Français, s'était organisé sur deux jours.

En 2022, le Quai d'Orsay dénombrait environ 1.200 ressortissants français présents au Niger. Environ 600 n'étaient plus présents au moment du coup d'Etat, arrivé en période de vacances scolaires.

 

Soutien du président Bazoum

La France, soutien indéfectible de Mohamed Bazoum, président déchu apparaît comme l'une des cibles privilégiées des militaires qui ont pris le pouvoir. Fin juillet, ils accusaient notamment l'ex-puissance coloniale de vouloir « intervenir militairement » dans le pays.

De quoi inciter à des attaques contre les Français. L'ambassade de France avait notamment été caillassée par près de 2.000 manifestants.

La junte a en outre affirmé que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) était une organisation « à la solde » de la France. La Cedeao a imposé de lourdes sanctions économiques et financières au Niger après le coup d'Etat et menacé le régime militaire d'employer la force armée pour rétablir l'ordre constitutionnel.

La France déploie au Niger 1.500 hommes qui aidaient le régime du président Bazoum à lutter contre les groupes jihadistes qui ensanglantent depuis des années le Niger et une grande partie du Sahel.

 

Lesechos.fr

 

Le 25 août 2023

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