Retour de Moussa Cissé en Guinée : la 5ᵉ République face à son premier test anticorruption

L’ancien ministre de l’Économie et des Finances, Moussa Cissé, par ailleurs ex-directeur général de la SONAP, a regagné Conakry hier à bord d’un vol de la compagnie Air France… certainement pour assister à l’investiture du président Doumbouya, après une longue absence à l’étranger.

 

Une absence intervenue au moment où son nom était cité dans un scandale présumé de détournements de deniers publics, ainsi que l’acquisition et la commercialisation d’un carburant toxique ayant causé des dommages à de nombreux véhicules à Conakry.

 

Révélations qui avaient éclaté alors qu’il se trouvait hors du territoire national. À l’époque, l’intéressé avait choisi de ne pas rentrer. Il s’est mis à l’abri en France, où il a pris en charge le paiement d’un appartement dans lequel il a résidé en attendant l’accalmie.

 

Ce retour au pays de Moussa Cissé , tranquillement . Sans bruit. Sans convocation. Sans explication. Comme si de rien n’était , choque même, quand on sait que, dans le même temps, certains cadres croupissent en prison pour des faits similaires, parfois sur la base de dossiers bien moins documentés.

 

La lutte contre la corruption, tant brandie comme étendard, s’exerce  à sens unique , implacable pour les uns, étonnamment clémente pour les autres.

Le contraste est d’autant plus frappant que le chef de l’État, Mamadi Doumbouya, ne cesse de répéter que « sa main ne tremblera pas » face aux prédateurs de l’argent public. En pratique, les faits observés alimentent le doute.

À force d’observer certaines protections sélectives, on pourrait croire que cette main, annoncée ferme, souffre par moments d’une étrange faiblesse  comme si elle tremblait là où elle devrait frapper, et se raidissait uniquement là où le rapport de force est inexistant.

 

Le dossier Moussa Cissé sera le premier test de la 7 République. Dès ce samedi, au lendemain de l’investiture du président Mamadi Doumbouya, il dira si l’engagement proclamé contre la corruption se traduit en actes ou demeure, comme durant la transition, une justice sélective.

Affaire à suivre

 

Abdoul latif Diallo

Journaliste d’investigation

 

Très très indépendant

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