La nouvelle ère de la diplomatie des ressources aux États-Unis
Washington renforce ses alliances pour sécuriser l'approvisionnement en minerais critiques.
Cette semaine, les États-Unis ont rassemblé près de cinquante pays à Washington pour discuter des minerais critiques et des terres rares, en réponse à la compétition croissante avec la Chine.
Le département d'État a affirmé que cet événement historique vise à établir une dynamique de coopération pour garantir l'approvisionnement de ces éléments essentiels à l'innovation technologique et à la sécurité nationale.
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a présidé l'inauguration de cette conférence, avec la participation attendue du vice-président JD Vance.
Le président américain, Donald Trump, souligne souvent l'importance des terres rares, les présentant comme des priorités dans son programme de réindustrialisation du pays, parallèlement à l'utilisation des droits de douane.
Cette problématique des minerais critiques est au cœur de la stratégie diplomatique américaine, qu'il s'agisse des enjeux en Ukraine, en République Démocratique du Congo ou au Groenland. Le gouvernement Trump cherche à intégrer ces ressources naturelles dans ses négociations diplomatiques, en vue de l'intérêt national.
Les États-Unis ont déjà signé de nombreux accords bilatéraux concernant ces ressources et ambitionnent de former une coalition d'alliés impliqués dans la diversification de leurs approvisionnements.
Selon des responsables, plusieurs accords devraient être signés à l'issue de cette réunion.
Pour réduire leur dépendance à la Chine, qui excelle dans le contrôle de la chaîne de valeur des terres rares, les États-Unis projettent de créer une réserve de terres rares d'une valeur de 12 milliards de dollars, comme annoncé par un responsable à l'AFP.
L'objectif est de sécuriser des secteurs stratégiques tels que l'automobile, le numérique et la défense, en réaction à la tendance de la Chine à utiliser son expertise en matière de terres rares comme levier lors des négociations commerciales avec les États-Unis.
La Chine a déjà démontré sa capacité à menacer d'utiliser ce levier pendant les tensions commerciales récentes, notamment après que Trump a instauré des droits de douane en avril.
Des responsables européens font également le déplacement, cherchant à établir un accord avec l'administration américaine sur les terres rares. Le commissaire européen Stéphane Séjourné représentera l'UE lors de ces discussions qui incluront également des délégations d'Inde, de Corée du Sud et d'Israël.
L'UE souhaite collaborer avec les États-Unis pour éviter des compétitions acharnées à l'international, comme en Australie, riche en ressources.
Cette réunion pourrait marquer une évolution significative par rapport à l'approche unilatérale souvent adoptée par les États-Unis dans divers secteurs. Des experts soulignent que la recherche de matières premières est de plus en plus stratégique, notamment dans le contexte actuel de domination chinoise dans l'exploitation et le traitement des métaux non ferreux. Philippe Chalmin, professeur émérite à l'université Paris-Dauphine, a noté récemment cette "prise de conscience douloureuse" des enjeux liés aux ressources essentielles.
Actunoumea.fr

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