Visiblement la Guinée est désormais sous tutelle de Mamadi Doumbouya et de ses forces spéciales. Ils ont le droit de vie et de mort sur chaque citoyen. Ils décident de qui doit parler et qui doit la boucler. Ils déterminent qui doit circuler librement ou pas sur la voie publique. Les forces spéciales ou plutôt les forces tribales semblent conduire le pays tout droit dans le chaos.
Cette vidéo amateur tournée dans la nuit du mercredi 18 février 2026, sur la route Le Prince à Conakry, illustre un autre degré du cynisme et de l'abus des forces spéciales de Mamadi Doumbouya. Des soldats qui appartiennent à la République, qui débarquent dans un quartier pour contraindre les jeunes qui profitent des nuits de ramadan pour pratiquer le football, à rentrer chez eux. Pire, procéder à des interpellations violentes sans aucun motif.
Selon plusieurs citoyens de la zone, ce genre d'expédition punitive des éléments des forces spéciales est devenu récurrent et dérangeant. De nombreux jeunes auraient été arrêtés pour des destinations inconnues. Aucun parent n'ose lever la voix pour dénoncer l'enlèvement des siens au risque d'en subir à son tour.
Mais de quel droit et avec quel mandat se permettent-ils de telle bavure ? On est plus chez nous ? Les jeunes n'ont plus le droit de se promener dans leurs quartiers ? La Guinée est-elle en état d'urgence ? Y a-t-il une décision de couvre-feu ? Où allons-nous ? C'est cela la promesse de justice et d’Etat de droit ? Comment en est-on arrivé à ce stade ?
Ces pratiques extra-judiciaires se passent dans le silence absolu et dans l'indifférence totale de tous : population, société civile, médias, barreaux, religieux, organisation de défense des droits humains, censés rappeler le pouvoir à l'ordre pour le mettre devant ses responsabilités. Les uns sont consumés par la peur et d'autres ont succombé à l'immoralité pour ne plus rien dénoncer.
Pour eux, la transition est terminée. Ils sont désormais dans un mandat constitutionnel légal avec une constitution qui garantit les droits et libertés des citoyens et qui défend la justice, l’Etat de droit et le respect des principes démocratique. Pendant ce temps, des dizaines de Guinéens restent toujours portés disparus sans aucune nouvelle et sans aucune procédure légale, parmi lesquels des enfants mineurs et des personnes âgées, kidnappés pour les prises de position de leurs proches.
Comment un pouvoir peut tomber aussi bas que ça ? Sommes-nous réellement dans une République ?
Oumar Sylla, Citoyen Guinéen.

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