CONAKRY – La capitale guinéenne replonge dans l’émoi après un nouveau drame. Deux jeunes cambistes ont été froidement abattus mardi 31 mars 2026 à la corniche de Matoto, après avoir été attirés dans un piège par un faux client. Le principal suspect reste introuvable, tandis que les appels à renforcer la sécurité se multiplient.
Les victimes, Mamadou Mouctar Baldé, originaire de Koubia, et Sounounou Bah, de Maci dans la préfecture de Pita, ont connu une fin tragique, victimes d’un guet-apens. Selon les informations recueillies par un journaliste d’Africaguinee.com à l’hôpital régional d’Entag ce mercredi 1er avril 2026, Mouctar aurait été contacté par un individu se présentant comme un client potentiel. Il s’est rendu au lieu de rendez-vous, à la corniche de Matoto, accompagné de son ami Sounounou. Les deux jeunes s’y sont rendus à moto. Arrivés sur place, ils ont été abattus par balle.
« Hier, vers 16 heures passées, deux de nos jeunes qui travaillent du côté d’Air France ont été contactés par des individus se présentant comme des clients pour changer 10 000 euros. Ils ont attendu jusqu’après la prière de l’Asr (16h45), puis ont pris le montant équivalent en francs guinéens qu’ils ont mis dans leurs sacs avant de se rendre au lieu du rendez-vous. À deux, ils ont pris leurs motos pour se rendre à la corniche de Matoto, où leur client était censé les attendre. C’est là qu’ils ont été fusillés et leur argent emporté », explique Amadou Tidiane Koula, dit El Hadj Koula, président de l’Association des cambistes de Guinée.
Selon lui, la police, alertée par des coups de feu, s’est rendue sur les lieux mais n’a pu que constater les faits.
« Lorsque les agents ont entendu les coups de feu, ils se sont immédiatement rendus sur les lieux. Ils ont trouvé l’un des jeunes déjà décédés, tandis que l’autre était dans un état critique. Ils ont été transportés à l’hôpital régional d’Entag. Nous avons été informés aux environs de 22 heures. Malheureusement, le second a également succombé », précise-t-il.
Les deux victimes, âgées de 35 et 38 ans, étaient toutes deux mariées.
« L’un s’appelait Mamadou Mouctar Baldé et l’autre Sounounou Bah. Mais dans la corporation des cambistes, il n’y a pas de considération ethnique ou communautaire. Ce qui compte, c’est la confiance et le sérieux dans le travail », ajoute le président de l’association.
Citant des sources policières, El Hadj Koula indique que les deux jeunes ont été abattus à bout portant.
« Mouctar a été touché au thorax et Sounounou à la nuque. Il leur a tiré dessus à bout portant, avec l’intention manifeste de les éliminer », souligne-t-il, précisant qu’il n’avait pas connaissance de leur programme du jour.

Écrire commentaire