Mon indignation face à l'inacceptable. (Konaté Lanciné sénateur tronka)

Je suis profondément choqué.

 Je suis profondément blessé. Je suis profondément révolté par les propos attribués à Wolada Souaré à l'encontre de nos compatriotes peuls. À l'heure où la Guinée a plus que jamais besoin de sérénité, de réconciliation et d'unité, entendre de tels discours est une douleur pour tout citoyen attaché à la paix et à la dignité humaine.

Comment peut-on, au XXIe siècle, appeler à la mobilisation d'une communauté contre une autre ? Comment peut-on invoquer l'appartenance ethnique comme un motif de rejet, d'hostilité ou de confrontation ? Comment peut-on oublier que derrière le mot « Peul » se trouvent des millions de Guinéens, des pères, des mères, des frères, des sœurs, des citoyens qui partagent avec nous la même terre, le même drapeau et le même destin ?

Je refuse de me taire devant de tels excès.

Je refuse de banaliser des paroles qui portent en elles les germes de la division.

Je refuse d'accepter que l'on parle au nom des Malinkés pour diffuser des messages qui heurtent la conscience nationale.

Que cela soit dit avec force et sans ambiguïté : aucun Malinké conscient, responsable et attaché à l'avenir de la Guinée ne peut soutenir des propos visant à opposer les communautés les unes aux autres. Aucun Malinké digne de ce nom ne peut souhaiter le malheur de ses compatriotes peuls. Aucun Malinké fidèle aux valeurs de respect, d'honneur et de fraternité héritées de nos ancêtres ne peut se reconnaître dans un discours de haine.

Les Malinkés ne sont pas les ennemis des Peuls.

Les Peuls ne sont pas les ennemis des Malinkés.

Notre véritable ennemi est la haine elle-même.

Notre véritable ennemi est l'ethnicisme.

Notre véritable ennemi est cette tentation permanente de transformer nos différences en lignes de fracture.

Je ressens une profonde tristesse en constatant que certains continuent à manipuler les sentiments communautaires alors que notre peuple souffre déjà de tant de difficultés. La Guinée a besoin d'écoles, d'hôpitaux, d'emplois, de justice et d'espoir. Elle n'a nul besoin de marchands de haine cherchant à opposer des citoyens qui sont condamnés par l'histoire, la géographie et la fraternité à vivre ensemble.

J'affirme également avec fermeté que les Malinkés ne se confondent avec aucun régime politique. Que personne ne tente d'associer une ethnie entière aux paroles d'un individu ou aux actes d'un pouvoir. Le CNRD n'est pas le peuple malinké, pas plus que le peuple malinké ne saurait être tenu responsable des déclarations d'un quelconque individu. Une communauté multimillénaire ne saurait être réduite aux comportements ou aux opinions de quelques personnes.

C'est pourquoi j'en appelle solennellement au Procureur de la République. Les faits rapportés sont d'une gravité telle qu'ils ne peuvent être ignorés. La justice doit examiner cette affaire avec toute la rigueur que requiert la préservation de la paix sociale. Car lorsqu'un discours menace l'harmonie nationale, il ne s'agit plus d'une simple opinion ; il s'agit d'une question d'intérêt public.

Enfin, au nom de tous les Malinkés qui refusent l'ethnicisme et qui croient en une Guinée fraternelle, j'adresse à nos compatriotes peuls un message de respect, de solidarité et de considération. Les propos qui vous visent ne parlent pas en notre nom. Ils ne reflètent ni nos convictions ni nos valeurs. Nous vous présentons nos excuses morales pour l'offense que de telles paroles ont pu causer à vos familles, à votre dignité et à votre sentiment d'appartenance à la Nation.

Aujourd'hui, mon indignation est immense.

Non parce qu'un homme a parlé.

Mais parce que certaines paroles ont le pouvoir d'empoisonner les consciences, de blesser des innocents et d'ébranler l'unité nationale.

Face à cela, le silence n'est pas une option.

Je choisis donc de dire haut et fort que la Guinée mérite mieux.

Mieux que les injures.

Mieux que les stigmatisations.

Mieux que les appels à la division.

Mieux que les discours qui dressent les enfants d'une même Nation les uns contre les autres.

La Guinée est une famille. Et lorsqu'un de ses membres est attaqué pour son identité, c'est toute la famille nationale qui est atteinte dans son âme.

Voilà pourquoi je suis indigné. Voilà pourquoi je refuse de me taire.

 

 

Konaté Lanciné sénateur tronka..

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